Le syndrome d’Amativation et le cannabis

Canne, joint, bombe, oui, tous ces mots font référence à l’utilisation du cannabis ou marijuana, et aujourd’hui nous parlerons de votre relation avec le syndrome amotivationnel. Il existe de nombreuses preuves scientifiques sur les propriétés thérapeutiques des cannabinoïdes, telles que l’effet analgésique, la réduction de la pression intraoculaire, l’effet antiémétique dans les vomissements induits par la chimiothérapie antinéoplasique, les propriétés relaxantes pour les muscles en cas de sclérose en plaques, les blessures de la colonne vertébrale et les altérations du mouvement. Cependant, l’usage récréatif s’est énormément répandu dans notre société et est, en fait, la drogue la plus consommée au monde. C’est tout aussi inquiétant que le chiffre que nous allons vous donner. Le syndrome amotivationnel peut se produire plus souvent chez les personnes qui consomment du cannabis sur une longue période.

Comment définissez-vous le syndrome amotivationnel ?

Le syndrome amotivationnel est défini comme un état de passivité et d’indifférence, caractérisé par des difficultés cognitives, interpersonnelles et sociales générales liées à la consommation de cannabis à long terme, intoxication chronique au THC. Cet état peut être maintenu même si la consommation de cannabis a été arrêtée. Le sujet se sentira peu disposé à faire quoi que ce soit, vivra dans un état perpétuel d’anhédonie, sans motivation ni enthousiasme et manifestera un manque général d’intérêt ou de l’apathie. La motivation est l’intérêt à satisfaire un certain besoin, qui génère l’intrant nécessaire à la réalisation de l’action qui produit cette satisfaction. Elle se trouve dans l’activation, la direction et le maintien de la conduite. La consommation de cannabis dissout ou fait perdre la motivation pour effectuer d’autres activités que la consommation de cannabis. Le plaisir offert prend le dessus et les autres formes de motivation, travail, relations interpersonnelles, passe-temps, couples, se perdent.

Quels sont les effets de la consommation de cannabis à long terme ?

Lorsque la consommation dure longtemps, la drogue prend la première place et se transforme en un besoin primaire, faisant passer les autres besoins au second plan et toute la vie tourne autour de la substance. Les autres motivations n’exercent pas une force suffisante, car les altérations cognitives présentes dans la dépendance détendent le sujet et les autres motivations disparaissent. La consommation prolongée de cannabis entraîne des troubles cognitifs qui, malgré l’arrêt de la consommation, peuvent faire persister une certaine symptomatologie. Bien que la relation entre la consommation de marijuana et le syndrome amotivationnel soit claire, il n’a pas été entièrement démontré que ce problème est directement causé par le cannabis, bien que tout laisse à penser qu’il contribue à son développement.

Signes et symptômes du syndrome amotivationnel

Les signes et symptômes de ce syndrome sont les suivants, même s’il faut signaler qu’ils ne sont pas tous nécessairement présents. L’un d’eux est l’apathie de type émotionnel, qui consiste en :

  • Réduction de la volonté à exécuter des actions
  • Incapacité à terminer des tâches
  • Incapacité à évaluer les conséquences des futurs actes
  • Désintérêt
  • Passivité
  • Difficultés à maintenir la concentration et l’attention
  • Altérations de la mémoire
  • Indifférence
  • Manque d’introspection, on n’a pas conscience de l’état dans lequel on se trouve, du syndrome
  • Retard dans la réalisation des tâches
  • Absence de préoccupation vis-à-vis du futur, on remet à plus tard
  • Désintérêt pour les activités durables ou qui requièrent une plus grande concentration
  • Faible motivation pour le travail ou l’école
  • Absence de préoccupation pour l’hygiène personnelle
  • Désintérêt sexuel
  • Diminution des réflexes
  • Frustration facile
  • Lenteur dans les déplacements et les mouvements
  • Réduction généralisée de toute activité professionnelle, sociale, de loisirs
  • Je-m’en-foutisme

Sur le plan cognitif, les symptômes causés par une consommation prolongée de cannabis peuvent produire des altérations des fonctions exécutives telles que :

  • Anticipation et établissement de buts
  • Planification
  • Inhibition de réponses
  • Sélection de comportements appropriés selon le contexte
  • Organisation spatio-temporelle
  • Flexibilité cognitive
  • Suivi de comportements
  • Prise de décisions
  • Mémoire de travail

Au niveau social, la symptomatologie décrite entraîne une réduction des interactions avec les autres personnes, causée par la perte d’intérêt à participer à des événements sociaux, à des activités de toute sorte, mais aussi par l’apathie et la passivité. Les cercles sociaux de l’individu sont considérablement réduits. Cette symptomatologie peut causer :

  • Faible rendement académique et/ou professionnel, dû à des difficultés à étudier et à apprendre
  • Isolement social car les interactions avec d’autres personnes diminuent
  • Absence de plans pour le futur
  • Prédisposition à s’impliquer dans des conflits avec les autorités
  • Fait de ne pas se fixer d’objectifs

Que faire pour traiter le syndrome amotivationnel ?

Le premier objectif de la thérapie doit être de réduire progressivement la consommation de cannabis jusqu’à son abandon complet, car si vous souffrez d’un syndrome amotivationnel et consommez de la marijuana pendant votre réadaptation, il ne sera guère possible d’améliorer la situation. La dépendance peut être surmontée par un travail psychothérapeutique visant à réhabiliter les déficits persistants, avec la possibilité de prescrire des médicaments psychotropes en cas de besoin. Enfin, le traitement principal doit être basé sur des médicaments ISRS antidépresseurs, associés à une thérapie cognitivo-comportementale, afin de permettre au patient de reprendre ses activités quotidiennes normales, d’améliorer ses relations avec les membres de sa famille et de travailler sur son propre style de pensée, ce qui le conduit à l’inactivité.

Le cannabis et le syndrome amotivationnel

Les psychotropes que l’on consomme, agissent directement sur le cerveau en modifiant le comportement, les humeurs, les perceptions et l’activité mentale des utilisateurs. On les nomme également: “substances psychoactives”.

On les regroupe en 5 catégories:

  • Les dépresseurs du système nerveux central  qui ralentissent les fonctions psychiques d’un individu en diminuant le niveau d’éveil et l’activité générale du cerveau. On y retrouve, dans cette catégorie: l’alcool, les barbituriques, les benzodiazépines, les opiacés, le GHB et les solvants;
  • Les stimulants du système nerveux central qui stimulent les fonctions psychiques d’un individu. Elles augmentent le niveau d’éveil et l’activité générale du cerveau. Les stimulants accélèrent le processus mental. Le consommateur est alors plus alerte et plus énergique. Les stimulants majeurs sont: les amphétamines et la cocaïne. Les stimulants mineurs sont: le café et le tabac.
  • Les perturbateurs du système nerveux central, appelées anciennement, hallucinogènes, perturbent les fonctions psychiques d’un individu. Ils provoquent des altérations plus ou moins marquées du fonctionnement cérébral, de la perception, de l’humeur et des processus cognitifs. Ils comprennent: le cannabis et ses dérivés comme marijuana, haschich et les hallucinogènes comme LSD, MDMA ou ecstasy, PCP;
  • Les médicaments psychothérapeutiques qui comprennent les antipsychotiques ; les antidépresseurs et les stabilisateurs de l’humeur;
  • Les androgènes et stéroïdes anabolisants.

Or, une croyance populaire désigne le cannabis comme un dépresseur du système nerveux central. Ce qui n’est guère exact.

Pour quelle raison? Essentiellement, car les dépresseurs du système nerveux central comme l’alcool mentionné-ci haut ou les opiacés par exemple agissent dans le cerveau en diminuant la fréquence et l’amplitude respiratoire. Les échanges gazeux étant modifiés, on note un moins grand apport en oxygène de l’organisme et une accumulation, dans le sang, du CO2. Ultimement, ce que l’on appelle donc, la dépression respiratoire, peut causer la mort. Ainsi, par exemple, un individu consommant une grande quantité d’alcool en peu de temps – ce que l’on appelle communément, le calage d’alcool peut présenter des signes de dépression respiratoire nécessitant une attention immédiate et constante jusqu’au retour à la normale de la fonction respiratoire. Le cannabis, même pris en très grande quantité, ne représente pas cette menace sur le système nerveux central. Comme mentionné ci-haut, il perturbe les fonctions cérébrales mais ne ralentissent pas les fonctions respiratoires. Par ailleurs, la consommation de cannabis entraîne comme effet secondaire ce que l’on appelle, le syndrome Amotivationnel. Le A du terme Amotivationnel signifiant “absence de”. Le syndrome Amotivationnel se manifeste donc par une apathie généralisée, un manque d’attention, une perte de productivité et un manque de persévérance.

Chez l’adolescent ou le jeune adulte, on remarque alors que, lors d’un choix à prendre, il se manifestera vers celui du moindre effort. Chez l’adulte, on fait état d’une diminution de l’implication au travail. Dans tous les cas, dans le cadre d’un traitement thérapeutique de la problématique de consommation de substances psychoactives dans le présent cas, de celui de la consommation de cannabis, une approche bio-psycho-sociale peut se révéler nécessaire voir même indispensable dans la recherche de solutions aux conséquences de celles-ci dans les différentes sphères de la vie d’une personne quelles soient de nature physique, psychologique, familiale, relationnelle ou autres. 

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